Union des écrivaines et des écrivains québécoisUnion des écrivaines et des écrivains québécois

Activités littéraires

15 novembre - Journée internationale des écrivains emprisonnés


 

Depuis l'an 2000, l'UNEQ s'est associée avec Amnistie internationale et le Centre québécois du P.E.N. international pour manifester publiquement sa solidarité aux écrivains, à travers le projet Livres comme l'air.

Chaque année, dix écrivains québécois dédicacent un de leurs livres, en deux lignes ou en deux pages, à dix écrivains emprisonnés ou persécutés à travers le monde pour délit d'opinion. Un jumelage solidaire personnalisé.

Pour sensibiliser le public à cette réalité, une lecture publique des dédicaces par les écrivains eux-mêmes a lieu au Salon du livre de Montréal. Ces livres sont ensuite envoyés aux écrivains persécutés ou à leur famille, comme manifestation d'appui symbolique et moral.





 

        

Concours jeunes « un mot, une dédicace, un texte, une illustration... pour redonner espoir »



L'Union des écrivaines et des écrivains québécois, à titre de partenaire, est fière de publier le Concours jeunes un mot, une dédicace, un texte, une illustration... pour redonner espoir.

En collaboration avec l'Association pour la création littéraire chez les jeunes, Amnistie internationale invite les jeunes de 6 à 18 ans à un concours de création littéraire ou artistique pour défendre la liberté d'expression.

Pour plus de détails, visitez le site Intenet d'Amnistie internationale


 
 
Jumelages de Livres comme l'Air 2009 - 10e anniversaire

Jean-Claude Germain
animait la 10e Cérémonie de lecture des dédicaces,
le vendredi 20 novembre, à 20 h 30, au Carrefour Desjardins lors de la 32e édition du Salon du livre de Montréal.







Michelle Allen avec Giles Ji Ungpakorn (THAÏLANDE)
Jean-François Beauchemin avec Musaad Suliman Hassan (ÉGYPTE)
Roxanne Bouchard avec Tan Zuoren (CHINE)
François Charron avec Raja Petra Kamaruddin (MALAISIE)
Andrée Ferretti avec Habib Saleh (SYRIE)
Gilles Jobidon avec Chief Ebrima Manneh (GAMBIE)
Monique LaRue avec Kunga Tsayang (TIBET)
Véronique Marcotte avec Trần Khải Thanh Thuỷ (VIETNAM)
France Théoret avec Albert Santiago Du Bouchet Hernandez (CUBA)
Jennifer Tremblay avec Guo Qizhen (CHINE)


Pour la 10e édition - une heureuse initiative

Afin de souligner la 10e édition de Livres comme l’Air, le comité organisateur a nommé monsieur Émile Martel, président du Centre québécois du P.E.N. international, porte-parole de Livres comme l’Air au Salon du livre de Montréal. Grâce au service de presse du Salon du livre de Montréal, les responsables du comité organisateur ont pu établir des contacts avec les médias. Entre autres, la publication d’un communiqué de presse dans le cahier spécial du Salon du journal La Presse et des entrevues à la Société Radio-Canada.

Remerciements pour ces 10 années

Le comité organisateur (Amnistie internationale, le Centre P.E.N. et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois) remercie chaleureusement les 100 écrivains, les 10 animateurs (voir tableau) , les commanditaires et les partenaires pour leur contribution et leur indéfectible fidélité. Plus spécifiquement :

  1. les idéateurs Josée Lambert et Raynald Adams
  2. es anciens membres du comité organisateur Estelle Pekan (Amnistie internationale), Andrée Dahan (P.E.N.), Edgardo Jiménez (P.E.N.), Virginie Morel (P.E.N.), André Racette (P.E.N.), Ariane Bertouille (UNEQ), Jeanne-Mance Delisle (UNEQ), Jonathan Laroche (UNEQ) et Annie Toussaint (Voix d’écrivains)
  3. pour leurs expositions pour le projet 10 Vitrines, 10 Victimes 10 Témoins, les librairies Alire, les Bouquinistes, du Square, le Fureteur, Gallimard, J.A. Boucher, Monet, Olivieri, Pantoute et René Martin
  4. pour leurs expositions, la Maison de la culture Marie-Uguay et les bibliothèques Ahuntsic, Côte-des-Neiges, Frontenac, Maisonneuve, Marie-Uguay, Mercier, Petite-Patrie, Plateau-Mont-Royal et Pointe-aux-Trembles
  5. au graphiste d’Amnistie international, François Turcotte, pour la conception de l’affiche
  6. à la peintre, Stéphanie Béliveau, pour la toile dont s’est inspiré le graphiste
  7. à Médiagraf, pour l’impression de l’affiche intemporelle et des affichettes
  8. l’imprimerie Impart Litho, pour l’impression des signets
  9. à l’Association des libraires du Québec (ALQ) pour le projet 10 Vitrines, 10 Victimes 10 Témoins
  10. à Stéphane Desranleau, graphiste, pour le projet 10 Vitrines, 10 Victimes 10 Témoins
  11. à la Maison de graphisme Ékorce, pour le projet 10 Vitrines, 10 Victimes 10 Témoins
  12. les stagiaires chez Amnistie internationale; Hanaëlle Huyez et Mélyssandre Petit
  13. les centaines de bénévoles recrutés par Amnistie interantionale
et enfin, à la directrice du Salon du livre de Montréal, Francine Bois, ainsi qu’à tout son personnel, qui nous accueillent, année après année, en offrant la tenue d’un stand et de la Cérémonie de lecture de dédicaces et à Mireille Deyglun, porte-parole du Salon du livre de Montréal.


Allocutions
 

Stanley Péan, président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois


Mesdames, Messieurs,
Amies et Amis des lettres et de la parole,



Bonsoir,

C'est toujours avec émotion que je prends la parole devant vous à l’occasion de cet événement annuel organisé conjointement par Amnistie internationale, par le Centre Québécois du PEN International et par l'Union des écrivaines et des écrivains québécois que j'ai l'honneur de présider depuis bientôt cinq ans. Cette année, cette émotion se voit littéralement décuplée puisque, je ne vous l'apprends pas, « Livres comme l'air » en est à sa dixième édition, ce qui n'est pas sans intérêt ni mérite. Notre initiative, vous le savez également, vise à sensibiliser le grand public et nos propres autorités gouvernementales aux exactions et aux persécutions dont sont victimes, à travers le monde, de trop nombreux écrivains.

L'an passé, je vous confiais que cette émotion qui m'étreint n'était pas étrangère à mon histoire familiale; membre de la rédaction d'un journal de province au Cap Haïtien vers le début des années 50, mon défunt père Maurice Péan avait appris ce qu'il en coûtait d'élever le ton par articles interposés dans un pays aussi autocratique que l'Haïti de l'époque. Certes, nous n'avons pas à aller aussi loin pour constater qu'il n'est pas toujours aussi aisé que l'on pense de prendre la parole, de dire quelque chose de signifiant, surtout pour dénoncer les abus de pouvoir et les malversations des grands de ce monde qui ne tolèrent pas toujours la critique. Nous n'avons pas à aller très loin pour observer à l'œuvre cette arrogance et ce mépris qui permettent à certains élus, même minoritaires, de croire qu'ils n'ont de compte à rendre ni à la population ni aux membres de la faune journalistique et intellectuelle dont la responsabilité est de demeurer en tout temps non pas les laquais du pouvoir, mais les porte-voix légitimes du bon droit et de la justice, la conscience du monde. N'oublions pas la proposition d'Albert Camus, selon qui « toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »

Il faut certes refuser la complaisance et le confort de l'indifférence, refuser les œillères qui nous rassurent sur la belle image que nous voudrions projeter de nos nations dites démocratiques. Il ne faudra jamais prendre pour acquis ces libertés dont nous jouissons – assez mal, si vous voulez mon avis – ces libertés dont nous abusons et que les détenteurs de certaines tribunes médiatiques n'hésitent hélas pas à noyer dans ce que Pierre Millot avait appelé l'incessant bavardage public, un bavardage qui n'est souvent que bruit de fond et pollution sonore. Mais, même si nous avons raison de décrier les scandaleuses atteintes portées chez nous contre la liberté d'expression, la rigueur de la pensée, la droiture morale et les idéaux démocratiques, nous devons aussi reconnaître et dénoncer avec autant, sinon, plus de véhémence, les menaces plus grandes qui pèsent déjà sur des congénères dont le principal crime a été de réclamer le droit à la pensée et à l'expression de celle-ci.

Il est de notre devoir de ne pas détourner les yeux de ces méfaits, peu importe l'endroit de la planète où ils sont commis, peu importe les auteurs qui s'octroient le droit de les commettre en toute impunité. À ce sujet, j'aimerais citer ces vers du pasteur allemand Martin Niemöller, à l'origine partisan du régime hitlérien qui n'avait pas tardé à déchanter quand la bête a révélé son vrai visage.

Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose.

Des vers éloquents, à propos desquels il nous faudra méditer avec juste ce qu'il faut de recueillement. Comme il nous faudrait aussi méditer sur cette autre idée de Camus, encore lui, qui écrivait que « la liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre. »

Vous me permettrez, en terminant, d'adresser les remerciements qui s'imposent aux intervenantes et aux intervenants qui ont pris part et soutenu, de près ou de loin, l'événement Livres comme l'air au fil de la dernière décennie, soit : les idéatrices et idéateurs, les anciens organisatrices et organisateurs, les animatrices et animateurs, les partenaires, les écrivaines et écrivains qui se sont prêtés à l'exercice dans le passé, le personnel des librairies, des maisons de la culture et des bibliothèques, les imprimeurs, les graphistes, la peintre, les stagiaires, sans oublier notre hôte, le Salon du livre de Montréal… en somme, tous ceux et celles qui ont fait de Livres comme l'air ce qu'il est aujourd'hui : une occasion en or de dire que la solidarité est une qualité essentielle des écrivaines et des écrivains d'ici, une marque éloquente de leur humanité et de leur humanisme.

STANLEY PÉAN
Président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois


Émile Martel, président du Centre québécois du P.E.N. international

C'est la dixième fois que ce club un peu flou, un peu angélique de Livres comme l'Air se rassemble. Nous savons tous que dans un monde idéal un tel événement ne serait pas nécessaire. Et même dans un monde qui ne serait pas idéal, on devrait souhaiter qu'il ne soit pas nécessaire de nommer des victimes de l'injustice pour se rappeler qu'il y a injustice, de pointer certains pays du doigt pour que leur couleur palisse sur la carte de notre monde. Nous ne sommes pas dupes non plus, au P.E.N. Québec, du devoir de vigilance qui nous incombe, mais nous voyons les choses dans une perspective réaliste.

Ce que nous faisons ce soir pour la dixième fois, grâce à la bienveillance du Salon du Livre de Montréal, c'est un avertissement que nous nous donnons, lecteurs et spectateurs et écrivains, membres de l'UNEQ ou d'Amnistie Internationale ou du PEN, qu'il y a encore bien du pain sur la planche pour les organismes qui défendent la littérature ou la liberté ou, dans le cas du centre québécois du P.E.N. International, la liberté et la littérature.

Les chemins de la répression et de l'injustice suivent de nouveaux tracés: les cyber-dissidents sont des victimes choisies dans bien des pays, et la censure contre le net et la communication démocratique qu'il offre s'étend. De plus en plus de régimes ou de gouvernements ferment des sites, bloquent des programmes, arrêtent des blogueurs. Parmi nos dix dédicataires de ce soir, la majorité ont été arrêtés ou persécutés parce qu'ils ou elles avaient communiqué avec des lecteurs par un blog ou par Internet.

Il y a quand même quelque chose que vous pouvez faire, que nous pouvons tous faire. Je vous remercie d'être venus vous joindre à nous ce soir, et je vous remercie d'aller faire un tour, tout à l'heure ou pendant les jours qui restent au Salon au kiosque 604 pour signer les listes d'appui qu'ont préparées Amnistie Internationale et leur généreux bénévoles.

Je ne sais pas d'où vous tirez réconfort quand une indignation vous étouffe. Surtout si vous êtes une personne qui n'a pas l'habitude de casser la vaisselle ou de donner des coups de poings. Je suppose que nous avons chacun notre façon de traiter notre rage.

Dans le traitement de la rage contre l'injustice et la censure, contre la violence morale et les procès bidon, je vous suggère le très petit bruit d'un stylo sur une feuille de papier quand vous signez votre nom. C'est peu, c'est même presque rien, mais c'est votre nom, c'est tout ce que vous pouvez donner pour l'instant. C'est la chose qui vous appartient de la manière la plus singulière. L'autre chose qui vous appartient, c'est la liberté de signer votre nom en dessous du nom d'un écrivain que le silence égorge, que la peur traque. Deux noms côte-à-côte, c'est le commencement de quelque chose de solidaire.

C'est comme cette chaise vide. Elle est là parce qu'un écrivain n'est pas là, occupé qu'il ou elle est à survivre en prison ou en résidence surveillée ou assiégée par une justice injuste. Mais soyez patients; tantôt, il y aura dix fantômes assis sur cette chaise. Vous pourrez en prendre un par la main et aller lui dire votre nom sur les feuilles de signature du kiosque 604.

 
Photos : Livres comme l'Air au Salon du livre de Montréal 2009
   
Stand de Livres comme l'AirMichelle AllenJean-François Beauchemin
   
Gilles Jobidon     Marie Côté, responsable des bénévoles Amnistie internationaleFrance Théoret signe  une pétition
   
Une partie de l'assistance à la cérémonie de lecture des dédicacesJean-Claude Germain, animateur de la cérémonieBéatrice Vaugrante - Directrice d’Amnistie internationale Canada francophone
   
Émile Martel - Président du Centre québécois du P.E.N. international Stanley Péan – Président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois Monique LaRue, invitée d’honneur du Salon du livre de Montréal présente sa dédicace
   
   
 Roxanne Bouchard François Charron André Ferretti
   
Gilles Jobidon dépose son
livre sur la chaise « vide »
Véronique MarcotteFrance Théoret
   
Jennifer Tremblay Les 10 écrivains québécoisLes 10 livres dédicacés
déposés sur la chaise « vide »
   
Les notables, Stanley Péan et Béatrice Vaugrante, l’animateur, Jean-Claude Germain, les écrivains, le notable, Émile Martel (avec écharpe au cou)Raynald Adams, un des idéateurs de Livres comme l'AirAnne Sainte-Marie, responsable des communications Amnistie internationale
   
 Roger-Paul Gilbert, vice-président du Centre québécois du P.E.N internationalStéphanie Lemétais, secrétaire-trésorière du Centre québécois du P.E.N internationalRichard Fortier, soutien technique UNEQ et Annie Toussaint Voix d'écrivains










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