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Services aux écrivains

Programme de parrainage

Vous êtes devant la page blanche et songez à remiser votre manuscrit au fond de votre tiroir... N'en faites rien, le programme de parrainage de l'UNEQ est là pour vous.

L'UNEQ a créé, en 1991, un programme de parrainage qui s'adresse à toute personne désireuse de parfaire son travail d'écriture. Ceux et celles qui n'ont jamais publié ou qui n'ont qu'une seule publication à leur actif ont ainsi la possibilité de travailler à un projet d'écriture avec un écrivain professionnel.

Quelles sont les modalités et les conditions de participation au programme ?
Il n'y a, généralement, qu'une seule période d'inscription par année.

Le parrainage s'échelonne sur une période de quatre mois et les catégories suivantes sont admissibles : roman, nouvelle, poésie, théâtre, littérature jeunesse et essai. Le candidat doit avoir au moins 18 ans et ne doit pas avoir publié plus d'un ouvrage ou l'équivalent.

Il doit soumettre un texte expliquant son intérêt pour le programme, un curriculum vitae, ainsi que le projet sur lequel il entend travailler. Un extrait de ce projet (au moins 20 pages pour le roman et au moins 10 pages pour les autres genres littéraires) doit être joint à la demande.

Un nombre limité de projets, environ une dizaine, est retenu chaque année. L'UNEQ ne peut s'engager à fournir des commentaires ou des critiques aux élèves dont les projets auront été refusés.

Si vous êtes membre titulaire de l’UNEQ, vous pouvez vous inscrire dans la banque de ce programme.

La date limite d’inscription est le 23 septembre 2011 à 17 h

Cette année, le programme de parrainage aura lieu
du 1er novembre 2011 au 25 février 2012.

Formulaire à imprimer et à envoyer avec votre dossier (format PDF)

Pour en savoir plus, contactez le Secrétariat de l'UNEQ, par téléphone
au 514-849-8540 ou au 1-888-849-8540 et par courriel à ecrivez@uneq.qc.ca

Toute personne qui désire être prévenue peut s'inscrire sur une liste au secrétariat de l'UNEQ, par téléphone au 514-849-8540 ou au 1-888-849-8540 et par courriel à ecrivez@uneq.qc.ca.


 
TÉMOIGNAGES

AUTOUR DU 20E ANNIVERSAIRE
DU PROGRAMME DE PARRAINAGE DE L’UNEQ 
(commentaires recueillis par Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte)

 

QUELQUES TÉMOIGNAGES D’ÉCRIVAINS-CONSEIL…
 

À quelques années d’intervalle, j’ai eu cette chance, car c’en est une, de parrainer deux auteures évoluant dans deux univers très différents : la nouvelle littéraire et une étude sur la cohabitation méconnue du Saint-Laurent et de ses riverains.

De ces expériences, j’ai retenu qu’avant tout il fallait parler de rencontres et d’affinités, que le parrain (le terme véhicule une telle connotation mafieuse qu’il me fait toujours sourire) apprend et retire du parrainage autant que l’auteur qu’il prend en charge.

Ma première expérience s’est vu récompenser, un an plus tard, par la publication du premier recueil de nouvelles de l’auteure que j’avais conseillée. Que rêver de mieux à la lecture des critiques qui saluèrent un ouvrage où la maîtrise de l’écriture se conjugue au choix judicieux et courageux de sujets que bien des femmes refuseraient d’aborder sous l’angle de l’humour noir et d’un cynisme abrasif?

Plus récemment, grâce à l’UNEQ, j’ai baigné dans le Saint-Laurent. Et en plein hiver! On connaît son impétuosité. C’est lui qui avait pris le dessus sur celle qui, depuis des années, en écrivait l’histoire et, littéralement submergée, s’enlisait peu à peu dans son sujet. Pour en redevenir maître, le rendre plus ludique, moins « universitaire », il fallait endiguer les problèmes et donner chair aux narrateurs qui jalonnaient l’histoire du fleuve depuis Jacques Cartier. L’auteure a accepté les démarches nécessaires pour s’ouvrir à un lectorat élargi. Elle a totalement reconsidéré son travail qu’elle s’emploie encore aujourd’hui à finaliser.

Je ne saurais mieux comparer le parrain à un guide de montagne. Il est déjà passé à maintes reprises par là où ceux qu’il parraine vont devoir passer. Il y avait les assureurs, il y a à présent les « rassureurs ».
 
-Luc Baranger
écrivain-conseil pour Christine Larose, automne 2010-hiver 2011
 Hélène Ferland, automne 2008-hiver 2009


Ce que je peux dire du programme de parrainage de l’UNEQ... Que c’est une découverte autant pour le parrain que pour le parrainé... Que c’est plein d’émotions, de réflexions, de petits découragements et de grandes jubilations... En un mot, que c’est essentiel.
 
-Maryse Choinière
écrivaine-conseil pour Brigitte Gagnon, automne 2003-hiver 2004


C'était à la fin du siècle dernier. Mon filleul habitait trop loin pour que nos rencontres aient lieu en personne. Mais qu'à cela ne tienne : nous avons beaucoup parlé au téléphone et échangé des courriels constants pendant toute la durée du parrainage.

Son projet avait déjà commencé à prendre forme préalablement, mais il a suivi mes conseils et adopté ma méthode de travail.

Mon auteur possédait un talent fou et une capacité de travail étonnante. Si on ajoute à cela une inspiration géniale et une plume tout à fait originale, on a tous les ingrédients pour assurer le succès.

Et tel fut le cas. Son roman gagna un prix avant même d'être édité, et depuis sa sortie, les lecteurs l'adorent. L'ouvrage cible les ados, mais les adultes y trouvent aussi beaucoup d'intérêt. Depuis, mon auteur a participé à trois collectifs de l'AEQJ et signé un recueil de nouvelles solo.

Et puis un jour, pendant une tournée scolaire en Abitibi, je me suis retrouvée dans sa ville et je l'ai appelé. Quel accueil chaleureux j'ai reçu chez lui !

Cette expérience m'a été très précieuse, sur le plan humain et sur le plan professionnel. Qui sait? Peut-être est-ce à cause de ce premier parrainage que j'ai décidé de donner, depuis quelques années, des ateliers d'écriture dans les Laurentides, ma région d'adoption.
 
-Marie-Andrée Clermont
écrivaine-conseil pour Michel Saint-Denis, automne 1997


Tout écrit naît lentement. C'était Paul Valéry, je crois, ou bien est-ce une rumeur ?, qui parlait de 95% de transpiration et 5% d'inspiration.

Ce petit message démontre comment pour arriver doucement à destination il faut discuter, argumenter, changer de position devant le chemin qui se dessine au bout de sa plume. L'écrivain croit tout connaître de ce qu'il fait, mais souvent, et cela, malgré lui, il arrive qu'il se rende compte des liens qui se sont établis entre des détails dans son écrit qu'il n'avait simplement pas vus, et ne pouvait pas voir. Passer quelques heures à lire attentivement un texte, jamais pour le détruire, mais pour lui donner une couleur différente, voilà le bout de ces rencontres individuelles entre deux écrivains. Pas de chef, pas d'étudiant, rien que deux écrivains qui font des dessins sur des bouts de papier pour mieux saisir le sens des angles, des rectangles et des cercles que les mots forment inévitablement.
 
-Antonio D'Alfonso
écrivain-conseil pour Michel Dupont, automne 2008-hiver 2009


Le parrainage est une expérience très enrichissante car nous avons par ce geste là, la chance de découvrir une nouvelle voix littéraire. J'ai eu la chance au cours de ces 20 dernières années de parrainer 2 fois et ce fut ainsi un pur bonheur de découvrir Cynthia Girard et Sonia Cotten. J'espère que ce programme de L'UNEQ durera longtemps. D'ailleurs, j'espère avoir la possibilité de revivre d'autres belles rencontres.
 
-Jean-Paul Daoust
écrivain-conseil pour…
Cynthia Girard, automne 1993
Sonia Cotten, automne 1994


J'ai eu le bonheur de commencer mon parrainage avec une ancienne étudiante en médecine, Ouanessa Younsi, qui a publié il y a quelques mois chez Mémoire d'encrier. J'ai ensuite eu le plaisir de côtoyer Lucie Lachapelle, une excellente créatrice. « Parrain »... drôle de mot. J'ai surtout eu l'impression d'être le « compagnon » de deux remarquables écrivaines.
 
-Jean Désy
écrivain-conseil pour Ouanessa Younsi, automne 2009-hiver 2010

 
 Ah, s’il y avait une traduction simple pour blind date… Rendez-vous galant avec une personne inconnue, nous dit Collins. Le parrainage de l’UNEQ, c’est exactement ça : un blind date littéraire. On ne sait pas, on a lu à peine quelques pages, on se laisse intriguer, on imagine, on attend. Un beau matin, la personne inconnue sonne à la porte, et c’est la surprise.

Un blind date doublé d’un travail de détective : pour qui, ce texte, pourquoi, d’où cela vient-il où cela veut-il aller, comment procéderons-nous, quelles sont les attentes; d’un travail de défricheur aussi : on débroussaille, on classe, on trie, on analyse et tout à coup, la question fuse : faut-il tout reprendre à zéro?
Parfois oui, parfois non. Pas complètement à zéro, mais on peut revenir sans en mourir à la ligne de départ.

Je préviens que je suis sévère et que le crayon rouge est toujours bon signe.

C’est un travail qui me fascine et qui me sert aussi puisque je reviens ensuite à mes propres textes comme si j’avais une deuxième paire d’yeux : ceux de la marraine attentive.
 
-Christiane Duchesne
écrivaine-conseil pour Julie Parenteau, automne 2010-hiver 2011
Ganaëlle Roberge, automne 2009-hiver 2010

 
Quand je veux que ma fille change la litière de nos deux admirables chattes de maison, je lui écris un mot clair et avisé sur son i’Pod afin qu’elle obtempère dans les plus brefs délais. La fin justifie les moyens. Quel est le lien avec l’union des écrivains et des écrivaines du Québec ? Le nécessaire rassemblement de ceux et celles qui persistent à creuser la terre des mots, à les remodeler sur papier, le gravier, le tableau ou les
sans-fils. Nous pouvons, grâce à notre passion, recréer la littérature autrement et la faire voyager allègrement dans nos maisons spatiales. L’UNEQ est un noyau de combattants et de combattantes, une association de pairs qui ont un objectif commun : soutenir la littérature dans tous ses embranchements.
 
-Danielle Dussault
écrivaine-conseil pour Nancie Cameron, automne 2002-hiver 2003

 
C’est connu en art, c’est difficile de mettre le pied à l’étrier, de trouver dans la concurrence énorme, des appuis, des entrées. Les éditeurs manquent de temps pour apporter une aide à de jeunes écrivains et écrivaines qui parfois ont un énorme talent, mais qui, à cause de défauts faciles à corriger, voient leurs manuscrits refusés. Il y a beaucoup de textes sublimes qui auraient besoin d’être élagués, renforcés. La confiance est une question importante, primordiale même. Le parrainage m’a permis de sortir plusieurs jeunes écrivain(e)s de leur isolement, de suivre et d’encourager la belle inspiration de la relève. Ce fut très inspirant pour moi aussi d’être en contact avec cette énergie, de ressentir cet élan, et gratifiant enfin de voir mes filleuls et filleules voler de leurs propres ailes. Presque tous ont publié leur texte, grâce au travail que nous avons fait ensemble.
 
-Daniel Gagnon-Barbeau
écrivain-conseil pour…
Daniel Pigeon, printemps 1991
Anne Ben Ichou, automne 1993
Lili Maxime, printemps 1995
Maia Loinaz, automne 2007-hiver 2008


 
 Être parrainé, c'est accepter de casser. Accepter de ne pas savoir où finira la phrase qu'on commence, et se le faire indiquer par quelqu'un qui ne nous parlera pas de notre nombril, mais bien de notre texte. Les méthodes, ensuite (la manière de le dire), diffèrent.
-Jean Pierre Girard
écrivain-conseil pour…
Jean-François Boisvert, automne 1994
Josée Bilodeau, automne 1997
Michelle Sirois, hiver 2000
Nicholas Giguère, automne 2002-hiver 2003
Julien Brault, automne 2004-hiver 2005


 
Être parrain, ça prend un certain doigté. Tout vient du fait que le parrain (ou la parraine) est face à face avec son jeune collègue. Parfois l'atmosphère est quasiment thérapeutique. Cette atmosphère est à éviter, mais elle est aussi inévitable. L'expression de soi par l'écriture suscite beaucoup de complexités chez le filleul, mais aussi chez le parrain.

Critiquer et donner confiance: voilà le paradoxe de l'art du parrainage. Finalement, ce n'est pas si différent de la relation que j'entretiens, en tant qu'écrivain expérimenté, avec mes éditeurs. Tout le monde a besoin d'aide. Savoir écouter, savoir accepter l'aide d'autrui, c'est un art indispensable à l'art d'écrire.

Et pour ce qui est du fruit du parrainage... Parfois il faut attendre. C'est un travail à long terme, on ne voit pas la publication tout de suite. Des fois on ne la voit pas du tout. Certains de mes filleuls ont publié. Grâce à moi? Non, grâce à leurs efforts à eux.

Je n'ai jamais eu de parrain. Le mot « mentor » ou « mentorat » est à la mode de nos jours. Je n'ai jamais connu ça. Je travaillais à l'ombre, où je demeure encore. J'aurais profité d'un parrainage au début -- et encore aujourd'hui, qui sait? Je voudrais bien m'inscrire au programme de l'UNEQ...
 
-David Homel
écrivain-conseil pour…
Diane Poirier, printemps 1998
Antoine Pariseau, automne 2003-hiver 2004
Ali Eltiby, automne 2008-hiver 2009
Prosenjit Dey Chaudhury, automne 2009-hiver 2010


 
 Elle venait de perdre sa sœur des suites d’une maladie foudroyante. Au téléphone, sa voix était très fragile. Lors de nos conversations, elle se brisait souvent, les larmes montaient. Son écriture poétique avait du mal à se plier à la structure d’un récit complexe qui prenait racine au bout du monde ___ l’Afghanistan, la Chine, où elle avait déjà vécu. En plein le travail de parrainage, une autre tuile lui était tombée sur la tête, sa mère était décédée. Comme auteur-conseil, j’en étais à ma première expérience. L’ouvrage se bâtissait très lentement, avec des coupures qui suivaient le rythme de la vie qui continuait, malgré tout. L’écriture est devenue pour elle un moment qui lui donnait quelque répit. Écrire est aussi une forme de guérison. Ensemble nous nous sommes rendus au bout de l’histoire. Entre temps, Nicole a publié un recueil de poésie. L’œuvre blessée qui est sortie d’elle durant le parrainage attend un second souffle, elle finira par se faire. Les livres aussi ont une histoire.

Le texte que l’UNEQ m’avait proposé lors de ma deuxième expérience de parrainage était à l’antipode de mon écriture. La forme est violente, brouillonne, provocatrice. Le narrateur tire sur tout ce qui bouge, entre autres sur la génération des baby-boomers, à laquelle j’appartiens. D’abord, je ne sais pas si j’accepterai de travailler avec Alexandre. La structure est boiteuse, les coquilles ne se comptent plus, le mélange de science-fiction et de réalisme me déroute. Je décide de sauter. Surtout, je crois, parce que le jeune auteur a un talent indéniable. Mais le talent n’est rien sans travail. Est-il un bûcheur? Se comprendra-t-on, malgré les quarante ans qui nous séparent? À notre première rencontre, je découvre un être fragile, d’une grande politesse, qui ne ressemble en rien au narrateur du roman. Nos sessions de travail sont agréables, on rit beaucoup. Il comprend vite que je suis de son côté, du côté du texte. Il m’écoute parce qu’il sent très vite que je suis là pour lui. Je ne changerai rien à la direction du vent. À force de m’imprégner du récit, je découvre dans le sous-texte une forme de tendresse et d’inquiétude que je lui fais accentuer, ce qui donne une richesse inattendue au manuscrit. Le roman paraîtra bientôt chez une grande maison d’édition.
 
-Gilles Jobidon
écrivain-conseil pour…
Nicole Blouin, automne 2007, hiver 2008
Alexandre Gravel, automne 2009-hiver 2010
 


Parrainer a été pour moi accompagner chaque jeune auteur dans la quête d’affirmation de son statut d’écrivain et de sa propre voix. Plus qu’une critique (souvent subjective!) qui pourrait déstabiliser un talent naissant, je crois à un soutient sans complaisance, une écoute amicale, un regard, le plus objectif possible, qui soulignent ce qui semble forces et faiblesses. C’est également informer sur les possibilités de publication et les encourager. Parrainer, c’est se souvenir que l’acte de création, le sien ou celui de l’autre est vulnérable et a toujours besoin d’être respecté.
 
-Annie Molin Vasseur
écrivaine-conseil pour…
Sophie Castonguay, hiver 2001
Sophie Massé, automne 2002-hiver 2003

 
 Bien sûr, et heureusement pour le jeune poète, il existe les ateliers d’écriture ! Mais il arrive que l’on sente le besoin profond d’un accompagnement plus personnalisé, loin du regard d’un groupe.

Le Parrainage est alors une occasion unique où deux êtres se retrouvent, en quête d’un horizon plus vaste et sensible. Ils se mettent à l’écoute du mystère que l’on nomme poésie et c’est dans une sorte de partage joyeux qu’ils avancent. Ils vivent une expérience qui enrichit grandement les textes, l’élève et le parrain !

J’ai eu la chance de travailler avec Sonia Anguelova, Marie-Belle Ouellet et Joanne Morency. Le Programme de parrainage fait partie de mes plus belles réalisations.
 
-Michel Pleau
écrivain-conseil pour…
Sonia Anguelova, hiver 2001
Marie-Belle Ouellet, automne 2005-hiver 2006
Joanne Morency, automne 2006-hiver 2007

 
 C’est avec plaisir que j’ai parrainé vers la fin des années 80 un jeune auteur plein de promesses… qui finalement n’ont pas été tenues, mais il a vu son livre publié. C’était sans doute l’unique but qu’il poursuivait. Ô vanité quand tu nous tiens…

Par la suite, en tant qu’éditeur, je suis en train de terminer la publication d’une trilogie de romans fantastiques– nous en sommes au troisième tome - de Patrick Loranger dont le premier tome a été parrainé par Anique Poitras. Patrick Loranger possède cet élan et cette ferveur communs aux écrivains de la relève. Mais cet enthousiasme est réellement profond. On peut dire que ce programme lui a permis de mieux assimiler les mécanismes de l’écriture romanesque et de mieux comprendre les rouages du monde de l’édition… qui ne roule pas sur l’or.

Ce programme de parrainage est extrêmement important pour encourager le talent naissant. Bien sûr, Plume Académie n’a pas tout le panache de Star Académie ni ses retombées médiatiques, mais il a le même mérite : celui d’encourager la relève et faire en sorte que la culture québécoise subsiste envers et contre tout dans un marché de plus en plus difficile et contraignant.
 
-Robert Soulières
écrivain-conseil pour…
Éric Gagnon, automne 1994
Martin Traversy, automne 1996


Tutorat, mentorat, atelier : de beaux mots.

Un texte signé par un élève est présenté. Le manuscrit en chantier, dans son état d’inachèvement, est lu, relu, annoté par moi et ensuite, étudié, scruté, discuté avec son auteur.

Il s’agit inlassablement d’apprendre à écrire au plus près de la langue. Virginia Woolf pour mémoire : les mille choses nécessaires pour écrire une seule phrase. Aborder la matière, le corps des mots, par le feuilleté du texte, selon l’expression de Roland Barthes. Je privilégie une approche matérielle, et non pas idéelle du texte. Analyser l’ensemble du projet et, distinctement, les éléments linguistiques, mots, expressions, phrases : tout cela est passionnant. Hausser les différents niveaux de l’écriture, telle est la finalité du parrainage.*

Le programme met à l’épreuve la motivation. Entre les rencontres, l’élève écrit. Il poursuit ou réécrit. Sa motivation grandit ou peut décroître. L’auteur du manuscrit doit trouver le temps nécessaire à l’écriture qui s’apprend par la pratique. C’est la constance qui fait naître le sentiment d’avoir progresser.
 
-France Théoret
écrivaine-conseil pour…
Maryse Pellerin, printemps 1992
Nicole Gauthier, automne 1993
Fleur-Aimé Mathess, automne 2008-hiver 2009

*La langue et ses pièges : féminiser l’élève, l’auteure aussi, prendre en compte la réalité du marrainage.


 
QUELQUES TÉMOIGNAGES D’ÉLÈVES…
 
 J'ai manifesté mon intérêt à devenir parrain dans le cadre du programme de l'UNEQ il y a peut-être deux ou trois ans. Jusqu'à cette année, l'occasion ne m'avait pas été offerte de vivre cette expérience. Donc, quand l'UNEQ a communiqué avec moi à cet effet, j'étais ravie et, en même temps, très curieuse de voir ce que je pourrais apporter à la participante au programme et de la façon dont se passeraient les choses en général. Selon le témoignage de Geneviève, je lui ai apporté beaucoup : l'écoute, la disponibilité, le respect de son projet d'écriture, la lecture attentive et critique de son manuscrit afin de l'amener plus loin. Mais, j'ose dire que c'est sans doute moi, avant tout, qui ai le plus retiré de cette expérience géniale. D'une part, parce que accompagner une autre personne dans sa démarche d'écriture oblige à se pencher sur notre propre démarche, nos propres certitudes, nos propres doutes - ce qui, à mon sens, peut être très déstabilisant, mais très sain en même temps - et, d'autre part, parce que j'ai eu le privilège et le plaisir de soutenir un tant soit peu non seulement une fille formidable comme individu, mais une voix d'écrivain unique et déjà bien ancrée.
 
-Linda Amyot
élève de Désirée Szucsany, printemps 1998
 


Ma participation au programme de parrainage, en tant qu'élève, a été une occasion unique d'améliorer mon écriture et de comprendre le fonctionnement du monde littéraire. Le contact avec une écrivaine professionnelle, madame Marie-Andrée Mativat, reste pour moi une expérience marquante, qui m'aura donné l'encouragement et les outils nécessaires pour persévérer dans mes projets. J'en garde un excellent souvenir et beaucoup de reconnaissance.
 
-Gilles Côtes
élève de Marie-Andrée Boucher-mativat, hiver 2000
 

J'ai été marrainée par Louise Desjardins au cours des années 1990, en poésie; je l'avais rencontrée dans un atelier de perfectionnement qu'elle animait au Camp Félix et j'avais vu comment elle pouvait m'aider. Louise a un sens aigu de la précision et m'a appris à épurer mon manuscrit de tout ce qui était superflu; elle a eu la patience d'écouter; quand elle me proposait de biffer des choses et que je m'y opposais... d'écouter pourquoi c'était important et donc, de comprendre ce que je n'avais pas été capable de dire. Ce que j'ai appris avec elle, je le mets encore en pratique : Louise me dirait de biffer ça... Louise me dirait : mais non, ta chute, c'est ce vers-là... Nous avions travaillé entre Montréal et Rouyn, par la poste (Internet était moins en vogue), et même dans la salle d'attente de l'aéroport où je la ramenais... Je recommande un parrainage à tout le monde en début d'écriture dans un genre. Il faut en avoir l'humilité il faut savoir choisir son parrain ou sa marraine, et le faire avant de faire sa demande. Les écrivains qui ont enseigné sont souvent mieux préparés...
 
-Dominique Gaucher
élève de Louise Desjardins, automne 1995
 

 
En 1999, j'ai eu la chance d'être parrainée par M. Raymond Plante, un écrivain d'expérience, un homme généreux et un formidable pédagogue, malheureusement décédé depuis. Grâce à ses judicieux conseils, j'ai non seulement pu finaliser mon projet d'écriture, mais aussi le soumettre dans l'année à une maison d'édition reconnue qui l'a acceptée et publiée. M. Plante a été pour moi une sorte de mentor, et aussi de porte d'entrée dans le milieu littéraire. De plus, dans le cadre du programme de parrainage de l'UNEQ, j'ai eu l'occasion de participer à une journée de formation sur 'La négociation du contrat d'édition' (donnée par un avocat spécialisé en droit d'auteur), et sur 'Comment procéder pour soumettre un manuscrit' (donnée par un éditeur). Cette formation, plus que pertinente, m'a permis d'échanger avec d'autres 'aspirants auteurs' sur nos difficultés et problèmes respectifs. En somme, mon expérience de parrainage s'est avérée des plus positive et m'a 'donné le coup de pouce' nécessaire pour débuter une carrière d'écrivaine que je mène désormais à temps plein.

Merci encore l'UNEQ, et merci M. Plante.
 
-Andrée Laberge
élève de Raymond Plante, printemps 1999


 
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