Pierre Vadeboncoeur
1920 – 2010
Pierre Vadeboncoeur, essayiste, a complété un baccalauréat ès arts et un second en droit (1943) à l'Université de Montréal. Il a été conseiller syndical à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) de 1950 à 1975. Ce travail de permanent syndical l'a amené à être mêlé de très près aux luttes ouvrières et politiques de son époque. Ses nombreux essais politiques et polémiques témoignent d'ailleurs de cet engagement, de même que les nombreux articles qu'il a publiés depuis 1940 dans les revues et journaux tels que Cité libre, Parti pris, Liberté, Socialisme, Maintenant, Le Jour et Le Devoir.
Pierre Vadeboncoeur a été lauréat du Prix Liberté en 1970; il a reçu le Prix Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1971 et le Prix Athanase-David en 1976. En 1979, il a également remporté le Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal pour son essai
Les Deux Royaumes. Il a obtenu le Prix France-Québec en 1984 pour
Trois Essais sur l'insignifiance et pour l'ensemble de son œuvre, le Prix littéraire Canada-Suisse en 1985 pour son essai
L'Absence, le Prix Le Signet d'Or de Plaisir de lire en 1993 pour
Le Bonheur excessif, le Prix littéraire Canada-Belgique en 1994 et enfin le Prix Spirale de l'essai pour
Vivement un autre siècle en 1997. En 2001, on lui décerne le prix Victor-Barbeau, pour
L'Humanité improvisée. En 2003, il reçoit le Prix de la revue Études françaises pour son essai
Le Pas de l'aventurier.
« Aujourd’hui, […] en divers endroits du monde, c’est avec effroi qu’on commence à mesurer les effets de la ruine de la culture, ruine je ne dis pas moderne mais toute contemporaine. Je ne pose pas la question de savoir si la culture est un ajout plus ou moins artificiel et qui ferait que l’homme, additionné de culture, deviendrait faux en quelque sorte : j’éprouve une énorme faim de culture, de quelque chose de radicalement éloigné de ce qu’est devenu le comportement d’une humanité s’écartant sans cesse de tout enseignement qui l’obligerait en l’exaltant, et se rapprochant toujours de ce qui ne requiert aucun enseignement pour être poursuivi. Mais j’espère montrer que cette faim correspond à une nécessité essentielle et que par conséquent la culture gagne d’emblée le procès qu’on veut lui faire. »
«La parole du néant» dans
Trois Essais sur l’insignifiance, Éditions de l’Hexagone, 1989.
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