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15 juin 2009

Texte d'ouverture de Renaud Longchamps, administrateur et représentant des régions, prononcé à l'occasion de la réunion du Comité Trans-Québec



LA PETITE DÉSOLATION



Bienvenue

Permettez-moi de saluer ici Guy Jean et son équipe qui ont eu l’amabilité de nous recevoir à Gatineau.

Il y a beaucoup de pain sur la planche, et peu de temps avant que la colère coule de nos plumes. Mais avant la colère, permettez-moi de vous raconter une anecdote.

Il y bien des années, invité au Festival international de la poésie de Trois-Rivières, je participais à un récital à l’extérieur de ladite ville. On partait pour une grande virée poétique. En région, quoi!

Un soir, le programme du Festival nous amena au siège social du Théâtre Parminou, à Victoriaville, un grand immeuble flambant neuf de près de quatorze mille pieds carrés avec ses bureaux, vastes et bien éclairés, une solide équipe administrative, et même une salle de répétition des plus modernes où les comédiens montaient leurs pièces avant de partir en tournée. La gorge nouée et la voix étranglée, j’y déclamai quelques poèmes…

Bien sûr, vous me direz, c’est le Théâtre Parminou. Et je vous réponds que cela est juste et bon. Je vous réponds itou que voilà un théâtre largement subventionné par les deniers publics. Je veux dire par là qu’il ne vit pas dans la misère; que l’infrastructure est imposante et, à première vue, efficace; et que les comédiens peuvent y exercer leur métier sans avoir à se ronger les ongles lors des fins de mois difficiles. Cela a été, est et sera toujours juste et bon.

Cela est juste et bon pour les gens de théâtre, mais cela ne l’est pas pour les écrivains en région, qui ne bénéficient absolument pas du minimum vital en budget de fonctionnement et en ressources administratives pour animer une vie littéraire un tant soit peu conséquente.

Vous devez savoir que, dans le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec, la partie congrue est réservée aux lettres, soit à peine… trois pour cents. Inutile de vous préciser que la part du lion revient au… théâtre, ce qui explique l’extraordinaire vitalité de cette forme d’art au Québec.

Vous me direz encore que l’argent n’explique pas tout. Fort bien. Mais il a été, il est et il sera toujours le nerf de la guerre.

Voilà pourquoi nous devons demander, que dis-je, exiger de nos gouvernements un traitement équitable dans la ventilation des budgets consacrés aux arts et aux lettres. S’ils rétablissent l’équité entre les différentes disciplines artistiques, les associations d’écrivains en région pourront jouir de ressources financières adéquates, ressources qui leur permettront d’assumer enfin leur rôle dans la diffusion de la littérature nationale, partout au Québec. Il y va de l’avenir de nos enfants qui méritent plus qu’une anodine culture du divertissement et ses bien capitalistes «retombées économiques».

Foi de Jean Perron, la caravane est aux abois, et les chiens nous dépassent.

Renaud Longchamps, administrateur et représentant des régions
L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socio-économiques des écrivains. En savoir plus
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