Une nuit au musée / Lanaudière

Par Jean-François Caron

C’est un 14 janvier, et ça fait du bruit dans mon dedans, dans l’éboulis de mes battements de coeur. La nuit a empoigné la région bien avant que ne commence le 5 à 7 auquel j’étais convié. Arrivé trop tôt, je suis resté quelques minutes planté là à regarder le Musée d’art de Joliette briller sur son socle de neige, fièrement paré depuis les grandes rénovations de l’année dernière.

Annie-Claude Coutu-Geoffroy, chorégraphe et danseuse pour le projet de videodanse Éléonores.
© Annie-Claude Geoffroy Coutu et Vincent Desautels

J’ai le frisson qui me tapisse jusque dans le fond du crâne. C’est peut-être parce qu’il fait froid, mais peut-être aussi parce que le Musée ose quelque chose de particulièrement beau. On célèbre ce soir la diffusion d’une superbe vidéodanse de la chorégraphe et danseuse Annie-Claude Coutu-Geoffroy, Éléonores, mais aussi, pour la première fois au musée, grâce à une collaboration avec le Théâtre Hector-Charland, on a associé un écrivain au projet — en l’occurrence moi.

L’événement attire pas mal de monde. La petite salle est bondée d’une faune hétéroclite — il y a beaucoup d’enfants, c’est beau. Je suis ému. Ce n’est pas souvent qu’un écrivain peut voir une de ses oeuvres dans un musée. Et pourtant, mon poème est là, plus grand que nature, plus beau qu’il ne l’est, en fait, sobrement posé en blanc sur fond nuit noire, à l’entrée de la salle de projection.

Jean-François Caron
© Musée d’Art de Joliette

Au moment de prendre la parole pour faire la lecture de mon poème, je ne pouvais pas manquer l’occasion de jouer mon rôle de délégué de l’Union pour la région de Lanaudière. Il était important pour moi de profiter de cet instant, devant les organisatrices de l’événement (qui ont accueilli chaleureusement mes propos), mais aussi devant ce public intéressé et les différents représentants des médias présents, afin de rappeler à quel point il est important de susciter ces rencontres tellement enrichissantes entre la littérature et les autres modes d’expression artistique. Ce décloisonnement me semble d’autant plus louable dans une région comme la nôtre, où chaque discipline isolément n’a pas nécessairement les moyens — en termes de finance, mais aussi de force vive — pour rayonner autant qu’elle le devrait.

Je souhaite réitérer ici mon souhait que de tels projets voient encore le jour, dans Lanaudière et ailleurs. Si l’interdisciplinarité n’est pas le remède à tous les maux vécus par les artistes et écrivains en région, elle favorisera toujours des rencontres enrichissantes, et permettra de rejoindre un plus large public. Plusieurs écrivains de la région m’ont d’ailleurs fait part de leur intérêt pour l’événement, et ont émis le voeu que l’expérience soit reconduite dans un avenir rapproché.


Jean-François Caron est délégué de Lanaudière pour le Comité Trans-Québec de l’UNEQ


Pour en savoir plus

Éléonores, au Musée d’Art de Joliette


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ceci HTML tags et attributs

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>