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Livres comme l’air : la liberté d’expression au Salon du livre de l’Estrie

14 Oct. 2018 @ 13 h 00 - 14 h 00

Le Salon du livre de l’Estrie, à Sherbrooke, accueille Livres comme l’air du 11 au 14 octobre. On y rendra hommage aux écrivains et aux écrivaines injustement emprisonnés ou harcelés à travers le monde.

Pour les trois organismes qui pilotent ce projet depuis l’an 2000, Amnistie internationale Canada francophone, le Centre québécois du P.E.N. international et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), « la liberté d’expression est un combat de tous les instants ».

Au cœur du Salon du livre de l’Estrie, à l’occasion d’une cérémonie de lectures de dédicaces le dimanche 14 octobre à 13 h, à la Place Télé-Québec, animée par Charles Perroud, venez rencontrer et écouter dix écrivains québécois, Samuel Larochelle, Hélène Dorion, Chloé Savoie-Bernard, Normand Baillargeon, Edith Kabuya, Nathalie Roy, Mathieu Potvin, Tristan Malavoy, Pierre Labrie et Mikella Nicol, qui partageront les raisons de leur soutien à dix écrivains étrangers injustement emprisonnés ou persécutés pour leurs écrits :

Samuel Larochelle est jumelé avec Nasrin Sotoudeh (Iran)
Hélène Dorion avec Raif Badawi (Arabie saoudite)
Chloé Savoie-Bernard avec Mehman Huseynov (Azerbaïdjan)
Normand Baillargeon avec Golrokh Ebrahimi Iraee (Iran)
Edith Kabuya avec Ahmet Altan (Turquie)
Nathalie Roy avec Shamael Al-Nur (Soudan)
Mathieu Potvin avec Huang Qi (Chine)
Tristan Malavoy avec Nabeel Rajab (Bahreïn)
Pierre Labrie avec Tayseer Salman al Najjar (Émirats arabes unis)
Mikella Nicol avec Nazir al-Majid (Arabie saoudite)

⇒ Consultez l’album des dédicaces

 
Cette année, le porte-parole de Livres comme l’air est Normand Baillargeon — qui publiera d’ailleurs cet automne, chez Leméac, un ouvrage collectif sur la liberté d’expression et académique.

Durant toute la durée du salon, le public est invité à visiter le kiosque de Livres comme l’air et à signer les diverses pétitions réclamant justice et respect de la liberté d’expression.

Amnistie internationale et le Centre québécois du P.E.N. international font parvenir les livres dédicacés aux auteurs emprisonnés. De plus, Amnistie internationale Canada francophone transmet les pétitions signées par le public aux gouvernements des pays où sont détenus les écrivains. Avec la libération le 10 juillet dernier de l’artiste chinoise Liu Xia, veuve du prix Nobel Liu Xiaobo, Livres comme l’air a contribué jusqu’ici à la libération de 107 écrivains injustement condamnés à travers le monde.


Allocution de l’animateur Charles Perroud (Amnistie internationale Canada francophone)

Pour certains, écrire libère des mots, des sentiments enfouis, des récits haletants, qui font ensuite voyager le lecteur dans son univers, le libérant à son tour de l’emprise du quotidien assourdissant, comme le font bon nombre des auteurs ici avec nous aujourd’hui. Écrire libère une passion, une flamme qui brille de tous ses feux et nous fait vivre des émotions profondes dans la fiction ou la réalité.

Pour d’autres, écrire c’est dénoncer, comme le fait si brillamment notre porte-parole de l’événement et président d’honneur du Salon du livre de l’Estrie 2018, Normand Baillargeon ici présent, qu’on cherche alors à bâillonner ceux qui osent. Écrire, c’est aussi informer, conseiller, éveiller des consciences.

Personnellement, écrire pour moi est devenu un des moyens de me libérer de la souffrance inexplicable. Celle cherchant à donner un sens à la mort de mon fils Étienne, décédé le 21 mars 2016 à l’âge de trois ans, quelques heures après la fin de la première édition de Livres comme l’air à Trois-Rivières. Après sept mois de souffrances innommables, et d’impuissance à le voir s’éteindre jour après jour de sa maladie dégénérative incurable, sa mort a soufflé ma vie. Écrire, ça libère…

Peu importe la motivation et la visée du geste, nous pouvons tous écrire… Mais dans bien des pays, vraiment trop de pays, ils sont légion à réaliser qu’écrire terrorise à un tel point les despotes de ce monde, qu’écrire, enquêter, dessiner, les mènent à l’oppression, à l’emprisonnement, à la torture, à la mort…

Évidemment, l’assassinat, la torture, le démembrement du journaliste saoudien Jamal Ahmad Khashoggi cette semaine à l’ambassade d’Arabie saoudite en Turquie nous a tous foudroyé de frissons dans le dos. Tout comme le viol et le meurtre de Viktoria Marinova, une journaliste bulgare.

J’ai aussi en tête le cas de Mahmoud Abu Zeid, ce photojournaliste égyptien, également connu sous le pseudonyme de « Shawkan », récemment libéré après avoir été incarcéré depuis décembre 2013 alors qu’il couvrait la répression sur la place Rabia, au Caire. Les autorités l’ont détenu pendant cinq ans et tout ce temps la possibilité de recevoir une peine capitale lui pendait au-dessus de sa tête.

Malgré tout… Écrire, ça libère !

Depuis 18 ans déjà, Amnistie internationale, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois et le Centre québécois du P.E.N. international unissent leurs forces pour clamer haut et fort ce droit de s’exprimer librement.

Ce projet a germé de la tête d’une photographe, Josée Lambert, dont le métier l’amenait à photographier des écrivains, et d’un traducteur, Raynald Adams, dont son métier à lui l’amenait à rencontrer des écrivains. Tous les deux militaient bénévolement au sein du groupe local d’Amnistie à Outremont.

Aujourd’hui, ce sont plus de 200 livres dédicacés qui ont été acheminés aux quatre coins du globe, et de ce nombre il y a eu 107 libérations d’écrivains, incluant celle du journaliste turc Ahmet Sik le 9 mars dernier, jumelé entre autres à Patrick Nicol, père de Mikella ici présente, lors de la première édition à Sherbrooke en 2016.

Depuis près de 18 ans, moi aussi, j’écris jour après jour afin de joindre ma voix à des milliers d’autres afin de faire libérer les Shawkan de ce monde.

Un de ceux-là, l’écrivain Mostafa Azizi, résident permanent au Canada, avait été condamné à huit ans d’emprisonnement en Iran en février 2015 suite à un procès inique. Mostafa Azizi était jumelé à Bryan Perro à Trois-Rivières en 2016, et à Anne-Marie Sicotte l’année précédente à Montréal. Au-delà de la barrière de la langue, son regard était empreint d’une gratitude sans borne lorsque j’ai été le rencontrer avec mon autre fils, Gabriel.

Au fil du temps, j’ai perdu le compte de tous ceux et celles dont j’ai pu croiser le chemin, pour qui un geste de solidarité et les signatures de gens convaincus de pouvoir faire une différence, ont mené à leur libération.

Mais je n’oublierai jamais la reconnaissance jaillissant des yeux de chacun de ces individus qui parvenait à masquer, ne fut qu’un instant, les traumatismes qu’ils porteront toute leur vie.

Alors à vos plumes, car oui ! Écrire, ça libère !

Détails

Date :
14 Oct. 2018
Heure :
13 h 00 - 14 h 00
Catégorie d’Évènement:
Site Web :
http://lca.amnistie.ca

Organisateurs

Union des écrivaines et des écrivains québécois
Amnistie internationale Canada francophone
Centre québécois du P.E.N. international

Lieu

Salon du livre de l’Estrie
1600, boul. du Plateau-St-Joseph
Sherbrooke, Québec J1L 0C8 Canada
+ Google Map
Téléphone :
819 560-8888
Site Web :
http://salondulivredelestrie.com