L’UNEQ tient à apporter son soutien à tout·e écrivain·e qui estime avoir été victime de violence ou de harcèlement, à caractère sexuel ou non.

En juillet 2020, le milieu littéraire québécois a été littéralement submergé par un mouvement rassemblant plusieurs centaines de femmes et de personnes issues de minorités de genre qui ont dénoncé les comportements malsains auxquels elles sont trop souvent confrontées. Dans une lettre rendue publique le 15 juillet 2020, plus de 150 signataires s’adressent directement à l’UNEQ, syndicat professionnel des écrivaines et écrivains québécois, pour agir et faire changer les choses.

Afin de mieux mesurer l’ampleur et les conséquences d’une situation aussi inquiétante, l’UNEQ a donc consulté les écrivaines et écrivains, membres ou non du syndicat, au début du mois d’octobre 2020. Les résultats démontrent sans équivoque une situation qui ne peut plus durer dans le milieu littéraire.

Il est urgent de mettre un terme aux pratiques et aux agissements répréhensibles qui minent notre milieu et notre société, imposant à celles et ceux qui en sont victimes des souffrances intolérables.

La présente page aborde la problématique du harcèlement psychologique ou sexuel en quatre volets distincts, regroupant ainsi l’ensemble des ressources et des informations disponibles :


 

PRÉVENIR (Sensibilisation et formations)

En prévention du harcèlement psychologique et sexuel en milieu de travail, l’UNEQ emprunte plusieurs voies :

Action collective et efforts concertés

Signataire, avec plus d’une trentaine d’organismes culturels, de la Déclaration pour un environnement de travail exempt de harcèlement dans le milieu culturel québécois, l’UNEQ adhère au code de conduite approuvé par 43 organisations du milieu culturel et appelle fortement les écrivaines et les écrivains à en faire tout autant.

L’action collective et la concertation avec les autres organismes du milieu littéraire est déjà en place. Les échanges et les discussions sont ouverts et constants, les ressources et les efforts de tous les organismes sont mis en commun. L’UNEQ invite d’ailleurs ses membres à prendre connaissance des mesures et des informations accessibles depuis les sites internet des différents organismes :

La sensibilisation

Pour les questions d’ordre plus général — qu’il s’agisse de prises de position, de représentations publiques, de recherches et d’observations à des fins de rapports ou d’analyses, ou de l’élaboration de documents généraux —, l’UNEQ se réfère aux recommandations de son Comité consultatif sur les questions sociales et éthiques dans le milieu littéraire, constitué d’expert·es, de chercheur·euses et de représentant·es du milieu littéraire. Jusqu’à aujourd’hui, les travaux du Comité ont permis, entre autres : la parution du rapport sur les inégalités homme-femme dans le milieu littéraire et la réalisation d’outils de sensibilisation en 2017 et 2018 ; l’élaboration du sondage sur les situations de harcèlement mené à l’automne 2020 et à l’analyse des résultats.

La constitution du comité peut varier en fonction des questions sur lesquelles il est appelé à se pencher. À la suite de la vague de dénonciations du mouvement #Moiaussi de l’été 2020 dans le milieu littéraire, l’UNEQ a mandaté le comité pour :

  • étudier et analyser dans le détail les causes et conséquences des actes d’agressions et de harcèlement dans le milieu,
  • formuler au conseil d’administration des pistes de solutions et d’actions à mettre en place à court et moyen terme.

Formations

Plusieurs formations sont offertes pour prévenir le harcèlement psychologique et sexuel en milieu de travail, notamment par Juripop / L’Aparté, le Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec (GAIHST), la Fédération des chambres de commerce du Québec, les universités, etc.

L’UNEQ soutient également la plateforme de formation numérique pour prévenir le harcèlement dans le milieu culturel « Il était une fois… de trop »cliquez ici. Cette formation, au coût de 15 $ et d’une durée d’environ 45 minutes, accorde une certification aux personnes qui la suivent et répondent correctement au questionnaire de vérification.

L’UNEQ invite les membres à suivre la formation en ligne « Il était une fois… de trop » ou toute autre formation en prévention du harcèlement psychologique et sexuel offerte par un organisme reconnu.


 


 

RECONNAITRE (Définitions)

Qu’est-ce que le harcèlement ? Comment distinguer le droit de gérance du harcèlement psychologique dans un milieu de travail ? Comment distinguer le flirt du harcèlement sexuel ?

La Loi sur les normes du travail définit le harcèlement selon quatre éléments cumulatifs, c’est-à-dire que tous les critères doivent être rencontrés pour déterminer une conduite de harcèlement. La conduite doit :

être vexatoire et répétée OU vexatoire et grave ;

être hostile ou non désirée ;

porter atteinte à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique de la personne ;

engendrer un milieu de travail néfaste.

Le « lieu de travail » réfère à tous les endroits où les travailleuses et les travailleurs doivent se trouver ou se rendre pour exercer leur métier.

À titre d’exemple, les comportements qui suivent pourraient être considérés comme étant des conduites vexatoires constituant du harcèlement s’ils correspondent à tous les critères de la loi.

Comportements pouvant être liés à du harcèlement psychologique

  • Intimidation, cyberintimidation, menaces, isolement.
  • Propos ou gestes offensants ou diffamatoires à l’égard d’une personne ou de son travail.
  • Violence verbale.
  • Dénigrement.

Comportements pouvant être liés à du harcèlement sexuel
Toute forme d’attention ou d’avance non désirée à connotation sexuelle, par exemple :

  • Sollicitation insistante.
  • Regards, baisers ou attouchements.
  • Insultes sexistes, propos grossiers.
  • Propos, blagues ou images à connotation sexuelle par tout moyen, technologique ou autres.

Autres liens pour plus d’information :

Vous ne parvenez pas à établir avec certitude que la situation relève véritablement du harcèlement ? Dans le doute, ne vous abstenez pas ! Consultez un avocat ou une avocate de L’Aparté qui saura vous aider — cliquez ici.
 


 

DÉNONCER (À qui ? Comment ?)

Vous avez été témoin d’une situation de harcèlement psychologique ou sexuel ?

Vous êtes victime d’inconduites ou de comportements inadéquats ?

Il importe de briser l’isolement, de parler et de dénoncer.

L’UNEQ invite les écrivaines et les écrivains qui souhaitent dénoncer de telles situations à :

1) constituer un journal des événements, une chronologie ou compte-rendu précis des conduites, à faire des captures d’écran et à les conserver ;

2) communiquer avec l’UNEQ, par courriel à urgence@uneq.qc.ca. Un rendez-vous téléphonique pourra être planifié si vous le souhaitez.

3) L’UNEQ s’engage à :

  • Prendre en charge la plainte ou le signalement dans les plus brefs délais.
  • Préserver la dignité et la vie privée des personnes concernées, c’est-à-dire de la personne qui a fait la plainte, de la personne qui en fait l’objet et des témoins.
  • Veiller à ce que toutes les personnes concernées soient traitées avec humanité, équité et objectivité et à ce qu’un soutien adéquat leur soit offert.
  • Protéger la confidentialité du processus d’intervention, notamment des renseignements relatifs à la plainte ou au signalement.
  • Offrir aux personnes concernées de tenir, avec leur accord, une rencontre avec elles en vue de régler la situation.
  • Mener, au besoin, une enquête sans tarder et de façon objective, ou en confier la responsabilité à un intervenant externe. Les personnes concernées seront informées de la conclusion de cette démarche. Si l’enquête ne permet pas d’établir qu’il y a eu des comportements inacceptables, toutes les preuves matérielles seront conservées pendant deux ans et détruites par la suite.
  • Prendre toutes les mesures raisonnables pour régler la situation, y compris notamment les mesures disciplinaires appropriées.

 


 

RÉPARER (Ressources)

Selon la situation, l’UNEQ pourra vous accompagner, intervenir (en votre nom et à votre demande, dans la mesure des moyens dont elle dispose) ou vous diriger vers les meilleures ressources.

Quelques exemples d’interventions possibles :

⇒ Envoi d’un avis écrit, au nom de l’UNEQ, sous forme de recommandations dans un but préventif.

⇒ Rédaction et envoi, en votre nom, d’une demande de résiliation de contrat ou d’un refus de participation à une activité spécifique en raison de situation de harcèlement.

⇒ Représentation auprès des instances concernées et concertation avec d’autres organismes représentatifs.

⇒ Accompagnement lors de rencontres de médiation ou de discussions ouvertes.

Certains cas nécessitent toutefois un avis juridique formel et une prise en charge du dossier par un avocat ou une avocate.

Pour des dossiers liés à la Loi sur le droit d’auteur, aux lois sur le statut de l’artiste, à des modalités contractuelles ou à des enjeux d’ordre plus administratifs, l’UNEQ vous référera alors sans tarder à sa conseillère juridique, avec laquelle les membres de l’UNEQ ont droit à une consultation gratuite par année.

Pour les dossiers liés au harcèlement ou aux violences dans le milieu culturel, vous serez référé·e rapidement à L’Aparté, où les avocats·es vous accompagneront.

D’autres ressources sont à votre disposition. N’hésitez pas à les joindre directement :

L’Aparté — aparte.ca
La mission de L’Aparté est d’offrir une première assistance à toutes les personnes du milieu culturel qui font l’objet ou ont été témoins de harcèlement (psychologique ou sexuel) ou des violences au travail (agression sexuelle). L’équipe est en mesure d’accueillir, de soutenir, de diriger et d’accompagner les artistes, les écrivains·es et les travailleurs·euses du milieu cultuel, à travers les différentes étapes et recours à entreprendre. L’objectif consiste avant tout à bien comprendre les besoins et à simplifier le processus juridique, médical, ou psychologique qui répondra le mieux à la situation. Les services sont gratuits, confidentiels et indépendants des associations ou regroupements professionnels.

CALACS, Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel — rqcalacs.qc.ca
Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) est un organisme à but non lucratif qui relève de l’action communautaire autonome. Et qui présente trois volets d’intervention : l’aide et l’accompagnement aux victimes et à leurs proches, la sensibilisation du public, la prévention et la formation des intervenants·es, et la mobilisation collective, la défense de droits et la concertation des différents secteurs pour enrayer toutes les formes de violences sexuelles. Les services sont offerts gratuitement. En tout temps, vous pouvez appeler la ligne téléphonique provinciale d’écoute, d’information et de référence pour les victimes de violences sexuelles au 1-888-933-9007.

CAVAC, Centre d’aide aux victimes d’actes criminels — cavac.qc.ca
Les CAVAC dispensent des services de première ligne à toute personne victime d’un acte criminel et à ses proches, ainsi qu’aux témoins d’un acte criminel. L’aide est disponible que l’auteur du crime soit ou non identifié, arrêté, poursuivi ou reconnu coupable. Les CAVAC travaillent en collaboration avec les intervenants du milieu judiciaire, du réseau de la santé et des services sociaux et des organismes communautaires. Leur intervention auprès des personnes victimes se fait dans le respect de leurs besoins et à leur rythme. Elle s’appuie sur leur capacité de gérer leur propre vie et de prendre les décisions qui les concernent. Les services sont gratuits et confidentiels.

GAIHST, Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail — gaihst.qc.ca
Le Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec (GAIHST) est un organisme communautaire qui vient en aide aux personnes ayant subi du harcèlement sexuel et/ou psychologique dans leur milieu de travail. L’objectif principal de l’organisme est d’aider à briser l’isolement et le mur du silence qui entourent les personnes vivant ou ayant vécu une situation de harcèlement au travail et de sensibiliser la population sur cette problématique. Plusieurs services gratuits sont offerts : relation d’aide, accompagnement ou assistance aux personnes qui décident de porter plainte juridiquement, services d’éducation, de sensibilisation et de formation, cafés-rencontres.

TEL-AIDE — 514 935-1101
Ce centre d’écoute téléphonique fondé en 1971, le premier au Québec, a pour mission d’offrir un service d’écoute en français et en anglais, gratuit, anonyme et confidentiel, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Le service est accessible à toute personne qui souffre de solitude, de stress, qui est en détresse psychologique ou en colère, ou qui a simplement besoin de se confier à quelqu’un qui les écoutera sans les juger.