L’UNEQ demande au Bureau de la concurrence de tenir des audiences publiques sur la transaction Québecor-Renaud-Bray

 

Montréal, le 21 mai 2015 – Au vu de l’importance des enjeux que soulève l’achat des 14 magasins du Groupe Archambault par la chaîne de librairies Renaud-Bray, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois demande au Bureau de la concurrence de tenir au Québec des audiences publiques sur cette transaction. L’UNEQ veut s’assurer que tous les acteurs du milieu du livre auront la possibilité d’exprimer leur point de vue et d’être entendus par l’organisme fédéral responsable du maintien de marchés concurrentiels.

Une consultation publique pourrait mettre en lumière la nécessité d’attacher des conditions à une éventuelle approbation de cette transaction qui accroîtra l’influence de Renaud-Bray dans le marché québécois du livre et la concentration de la propriété des librairies. Une des questions sur lesquelles devrait se pencher prioritairement le Bureau de la concurrence concerne la préservation de la bibliodiversité compte tenu de l’ascendant que détiendrait l’acquéreur sur les conditions d’achats et le choix des livres mis en vente.

La bibliodiversité est ce qui fait la richesse de notre littérature et son dynamisme. C’est la garantie que les lecteurs auront accès à une pluralité de points de vue et que les écrivains qui sortent des sentiers battus pourront avoir une voix et trouver une place parmi les 6000 ouvrages publiés chaque année au Québec. La bibliodiversité est aussi ce qui favorise l’émergence d’une relève et qui empêche la création littéraire de se scléroser. Avant de donner son aval, le Bureau de la concurrence devrait, selon nous, obtenir l’assurance que cette diversité sera protégée au sein de cet important réseau tout comme la diffusion la plus large possible de la littérature québécoise.

En outre, il apparait primordial à l’UNEQ que soit résolu le conflit qui oppose Renaud-Bray à Diffusion Dimedia depuis plus d’un an. Si ce litige commercial s’étendait aux 14 magasins Archambault, les auteurs publiés dans plus d’une cinquantaine de maisons d’édition et dont les titres ne sont plus distribués chez Renaud-Bray seraient, cette fois encore, les grands perdants. Le règlement de ce désaccord devrait, à notre avis, devenir une condition préalable à l’approbation de la transaction.

L’UNEQ espère que la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David décidera, par souci de cohérence avec son Plan d’action sur le livre dont le but est de protéger le milieu des librairies, d’inviter les parties en cause à régler rapidement ce contentieux qui nuit à tout l’écosystème du livre.

Créée en 1977, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois est un syndicat professionnel qui regroupe plus de 1600 poètes, romanciers, auteurs dramatiques, essayistes, auteurs pour jeunes publics et auteurs d’ouvrages scientifiques et pratiques. L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socioéconomiques des écrivains.

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Source : Union des écrivaines et des écrivains québécois
Louiselle Lévesque, chargée de communications

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