Sanaa Guedira, à l’aube de la Fondation Lire pour réussir

« La littérature m’a beaucoup manqué dans ma vie. Chez nous, il n’y avait pas de livres, mes parents ne lisaient pas. J’ai commencé à lire à l’école, des livres plates, parce que j’étais obligée. Aujourd’hui, les murs de ma maison sont tapissés de livres, ma fille de quatre ans me réclame sans cesse que je lui lise des histoires. »

Recrutée par l’UNEQ pour diriger le développement de la Fondation Lire pour réussir, Sanaa Guedira s’est engagée dans une cause qui lui tient particulièrement à coeur. « Le plaisir de lire, pour moi, c’est vraiment quelque chose de très personnel, d’émotif ! »

Sanaa Guedira
(photo : Patrick Lamarche)

Son parcours professionnel bien rempli, malgré son jeune âge, a également impressionné : plusieurs postes de coordinatrice, de chargée de projets et, depuis quelques années, de consultante en gestion de la créativité et de l’innovation. Plus récemment, elle s’est spécialisée en accompagnement organisationnel dans le milieu culturel, avec une expertise pointue en développement des affaires et financement privé.

Sanaa Guedira a contribué au financement et à l’expansion d’organisations telles que Casteliers (diffuseur spécialisé en théâtre voué aux arts de la marionnette), les compagnies de théâtre Les Productions Quitte ou Double, La Chapelle Scènes Contemporaines et Simoniaques théâtre, la plateforme des arts vivants Scène Ouverte, le studio de divertissement multimédia Moment Factory, la Ligue nationale d’improvisation (LNI), la Fondation Armand-Vaillancourt et plusieurs autres.

Son mandat, à la Fondation Lire pour réussir, consiste d’abord à faire connaître ce nouvel organisme philanthropique auprès des acteurs clés du milieu philanthropique et culturel tout en créant un pont pour de grands partenaires du milieu des affaires québécois. « Avant de faire une première campagne de financement publique, il faut s’associer à des partenaires importants qui auront à cœur le mandat de la Fondation », explique-t-elle. « Je me donne au moins un an pour atteindre cet objectif. »

La Fondation Lire pour réussir soutiendra des initiatives qui rehaussent les habitudes de lecture et qui encouragent le plaisir de lire, pour augmenter les compétences en littératie de la population québécoise. Cette fondation a vu le jour dans le sillage de la Journée Lire pour réussir organisée par l’UNEQ en 2017.

La littératie, selon la définition usuelle (de l’Organisation de coordination et de développement économiques, OCDE), consiste à « comprendre, évaluer, utiliser et s’approprier des textes écrits pour participer à la société, réaliser ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel. »

La dimension humaine du financement d’organismes culturels

Pendant ses études au Cégep du Vieux Montréal, Sanaa Guedira travaillait déjà comme chargée de projets, au Service de l’animation socioculturelle du cégep.

Après l’obtention d’un baccalauréat en communication à l’Université du Québec à Montréal, elle a été acceptée à HEC Montréal au programme de maîtrise en développement organisationnel, avec un profil en gestion de la créativité et de l’innovation. Étudier les meilleures pratiques des grandes entreprises qui innovent en terme de gestion dans différents domaine et à travers le monde lui a permis de mieux comprendre comment structurer le développement des affaires de manière stratégique et durable, développer une image de marque de manière systémique et fidèle aux valeurs de tout type d’organisations.

C’est d’ailleurs lors de ces études de maîtrise que l’univers du livre est vraiment entré dans l’existence de Sanaa Guedira : « J’ai découvert, avec la maîtrise, un sujet qui m’a allumée. Et là, j’ai eu envie de tout lire ! »

Depuis la fin de ses études de maîtrise, en 2011, la jeune professionnelle multiplie les succès. Un de ses derniers mandats consistait à piloter une campagne de financement majeure, de l’ordre de 300 000 $, pour la Maison internationale des arts de la marionnette (MIAM), qui ouvrira ses portes à Montréal à l’automne 2018.

« Le financement, ce n’est pas juste des activités de financement, des levées de fonds », précise-t-elle. « Le financement, c’est aussi du développement des affaires, développer des liens avec les acteurs-clé d’un milieu. Et la culture amène facilement les gens à faire des rencontres. »

« Je vais explorer tout le réseau de l’UNEQ, ses partenaires », assure Sanaa Guedira. « La Fondation Lire pour réussir a déjà ses ambassadeurs culturels. La prochaine étape : s’allier à des ambassadeurs d’affaires. »

  • Pour consulter la liste des ambassadrices et ambassadeurs de la Fondation Lire pour réussir, cliquez ici.

 

  1. Denis Côté

    Quelqu’un comme moi, écrivain, ex-enseignant, qui ai été bénévole à Collège Frontière et à d’autres groupes en littératie, pourrait-il participer activement à cette entreprise?

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