Mot de la présidente — février 2021

Les écrivaines et les écrivains, des artistes à part entière

Par Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ

Plus de mille écrivaines et écrivains ont signé la lettre ouverte de l’UNEQ dans le cadre de la campagne #écrivainsartistes. (Pour la lire, cliquez ici.)

Parmi les signataires, des écrivain·e·s célèbres, que ce soit dans le domaine du roman, du conte, de la poésie, de livres pour la jeunesse, de la bande dessinée, de l’essai, du théâtre ; des autrices et auteurs qui en sont à leurs premières armes ; d’autres qui ont publié plusieurs livres ; des spécialistes qui ont écrit des guides pratiques ou des manuels scolaires. Certain·e·s écrivain·e·s signataires enseignent la littérature, effectuent de la recherche, travaillent dans la révision, la traduction, la rédaction professionnelle, l’illustration, dirigent des publications, sont libraires, bibliothécaires, etc.

Suzanne Aubry (Photo : Audrée Wilhelmy)

Bref, plus de mille écrivaines et écrivains de toutes origines, de tous âges, de différentes classes sociales, pratiquant tous les genres d’écriture.

À cette longue liste s’ajoute une liste d’allié·e·s de deux cents signataires, parmi lesquels figurent les principaux syndicats d’artistes au Québec, toutes disciplines confondues.

En plusieurs décennies d’engagement à la défense des métiers de l’écriture, je n’ai jamais été témoin d’une telle vague de mobilisation.

Nous, écrivaines et écrivains, sommes la preuve vivante que malgré notre solitude, nous sommes capables de solidarité. Nous avons le courage de nos convictions. Nous pouvons dénoncer l’injustice avec calme, respect et détermination, sans acrimonie ni procès d’intention.

Tout ce que nous voulons, c’est le droit de négocier des ententes collectives avec nos partenaires, qu’ils soient éditeurs, libraires, bibliothécaires, ou responsables de salons du livre. Tout ce dont nous rêvons, c’est d’établir une parité avec les autres secteurs de la culture. Ce n’est que justice.

Un exemple de trop

Rien n’est cependant acquis. Encore très récemment, le Salon international du livre de Québec (SILQ) a proposé des rémunérations indécentes aux écrivaines et écrivains québécois dans le volet scolaire de leurs activités, sans prendre la peine de consulter l’UNEQ et sa grille de tarifs de référence — voyez notre revue de presse. Cet exemple de trop démontre avec éloquence la nécessité pour les autrices et les auteurs d’obtenir, à l’instar des autres artistes, une procédure de négociations obligatoires pour les diffuseurs et les producteurs.

Nous, écrivaines et écrivains, tendons la main à tous nos partenaires pour qu’enfin, un véritable dialogue social s’établisse.

Une ministre de la Culture à l’écoute

C’est avec optimisme que j’ai pris connaissance des propos que la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a tenus lors d’une entrevue accordée au journaliste Olivier Bossé dans Le Soleil du 20 février dernier. Elle s’est déclarée très sensible aux demandes des écrivaines et écrivains dans le cadre de la révision des deux lois sur le statut de l’artiste, demandes qu’elle a qualifiées de « pertinentes et pleines de bon sens ».

Cette déclaration est porteuse d’un espoir historique pour nous toutes et tous.

Maintenant que toutes les associations d’artistes, dont l’UNEQ, ont déposé un mémoire dans le cadre de la révision des deux lois sur le statut de l’artiste et que les producteurs et diffuseurs (dont l’Association nationale des éditeurs de livres, ANEL) ont déposé le leur, nous, écrivaines et écrivains, demandons respectueusement à la ministre Roy qui chapeaute cette révision de rendre ces mémoires publics, et que la suite de la procédure de révision soit dévoilée au plus tôt, accompagnée d’un échéancier précis.

Nous rappelons que le gouvernement Legault s’était engagé durant la campagne électorale de l’automne 2018 à mener à bien la révision de ces deux lois, qui ont été promulguées il y a 32 ans et qui ont un sérieux besoin de rénovation. En annonçant la reprise de ces travaux — qui avaient été interrompus à cause de la pandémie —, la ministre a rempli une partie importante de cette promesse. Il lui reste maintenant à compléter cet engagement solennel, et à démontrer concrètement que ces lois doivent améliorer le statut des artistes, et non celui des diffuseurs et des producteurs.

La ministre Roy a maintenant entre les mains l’avenir de notre métier et, par conséquent, elle détient le pouvoir de changer notre réalité si souvent ignorée.

Comme présidente de l’UNEQ, comme écrivaine, comme artiste à part entière, je reste mobilisée et j’appelle chacune et chacun d’entre vous à poursuivre nos actions avec solidarité et détermination.

#écrivainsartistes
 

  1. Gabriel Boileau

    Votre demande à la Ministre Roy est tout à fait appropriée. Il faut rendre ces « mémoires publics », et que la suite de la procédure de révision soit dévoilée au plus tôt, accompagnée d’un échéancier précis. Il ne faut plus ignorer votre réalité. Même si je ne suis pas un écrivain, je suis solidaire et très déterminé. Il faut pour de bon changer votre réalité.

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