Mot de la présidente — avril 2021

Les portes tournantes

Ce n’est pas seulement le titre d’un roman (qui a également fait l’objet d’un film), mais la réalité au ministère de la Culture et des Communications (MCC) du Québec. En effet, pas moins de quatre chefs de cabinet se sont succédé depuis l’élection du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) le 1er octobre 2018.

La nouvelle directrice du cabinet de la ministre Nathalie Roy, Marie-Josée Lestage, qui a notamment travaillé à titre de conseillère aux communications au cabinet du premier ministre Legault, est entrée en fonction le 15 mars dernier.

Suzanne Aubry (Photo : Audrée Wilhelmy)

Récemment, le MCC annonçait également le remplacement de Marie Gendron, la sous-ministre de la Culture et des Communications, par Nathalie Verge. Mme Verge a été directrice de cabinet de M. Legault alors qu’il était ministre dans le gouvernement péquiste de Bernard Landry, puis directrice des communications et responsable de la plateforme de la CAQ lors de sa fondation. Elle a occupé le poste de directrice des communications chez Ubisoft ces sept dernières années.

La révision des lois sur le statut de l’artiste : un dossier essentiel

L’UNEQ souhaite la bienvenue à mesdames Lestage et Verge, et tout le succès possible dans l’exercice de leurs importantes fonctions.

Il est vital pour les écrivaines et les écrivains que nous représentons, et pour les autres associations d’artistes rassemblées sous la bannière de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN), que le processus de révision des deux lois sur le statut de l’artiste, qui a été relancé par la ministre Roy le 19 novembre 2020, se poursuive dans les meilleurs délais.

Nous rappelons que la première étape de la révision des deux lois, soit la remise de mémoires, a été complétée le 1er février dernier. De nombreux mémoires ont été rendus publics par des associations d’artistes, mais, à ce jour, ceux de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) demeurent tenus à l’abri des regards. Pourquoi tant de mystère ? Pourquoi ce manque de transparence pour ce qui constitue les bases d’un dialogue social ?

Le temps presse. Nous demandons au MCC qu’un échéancier précis et rapide pour la suite des travaux de révision ainsi qu’une procédure claire et transparente soient annoncés au plus tôt. Environ 26 000 artistes attendent que ces deux lois, qui ont été promulguées il y a 32 ans, soient rénovées pour mieux les protéger et encadrer adéquatement les conditions de pratique de leurs métiers, conditions qui se sont nettement détériorées depuis l’arrivée de la pandémie. Je vous invite, si vous ne l’avez pas fait, à lire ici le rapport accablant publié mi-mars par la FNCC-CSN et ses partenaires, dont l’UNEQ.

Une campagne retentissante

La campagne que l’UNEQ a amorcée en février pour que les écrivaines et les écrivains obtiennent un droit à la négociation d’ententes collectives à l’instar des autres artistes a connu un succès phénoménal. La lettre ouverte lancée en janvier 2021 a été signée par 1 066 autrices et auteurs de tous les horizons (roman, poésie, essai, jeunesse, bande dessinée, guide pratique, manuel scolaire, ouvrage savant, etc.), sans oublier les signataires sympathisants qui comptaient notamment l’Union des artistes (UDA), la Société des auteurs en radio et télévision (SARTEC), l’Association des réalisatrices et réalisateurs du Québec (ARRQ), l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec ainsi que la Ligue des auteurs professionnels de France.

Nous devons néanmoins poursuivre activement cette mobilisation sans précédent. Nous devons plus que jamais défendre nos droits et nos rêves d’équité et de justice.

Des sondages éloquents

L’UNEQ a récemment procédé à deux sondages qui nous seront très utiles dans la poursuite de nos actions :

  • un sondage auprès de nos membres pour évaluer le succès de notre campagne et l’adhésion de la communauté à nos revendications syndicales ;
  • un sondage, réalisé par la firme Léger, pour cerner l’appui de la population à nos demandes.

Les résultats de ces deux sondages sont on ne peut plus éloquents. Nous vous les communiquerons bientôt, avant de les rendre publics. Ils feront partie de notre arsenal pour poursuivre notre combat afin d’obtenir le droit d’être artiste à part entière.

Votre présidente,

Suzanne Aubry

(Photo : Audrée Wilhelmy)

 

2 commentaires sur “Mot de la présidente — avril 2021

  1. Diane Lambin

    Merci beaucoup !

    Votre détermination, la détermination de l’Uneq, ses dirigeants et son équipe sont « du feu de Dieu », comme on disait il y a longtemps. Du feu, de la flamme, de la verticalité procurent reconnaissance et estime de soi, nécessaires pour travailler… créer, offrir au monde.

  2. Lise Tapp

    Merci madame Aubry de mettre autant d’ardeur à défendre les droits des créatrices et des créateurs. Défendre nos droits est aussi défendre notre culture, notre langue et notre monde de l’imaginaire. Je vous appuies dans vos démarches et lis avec plaisir chaque missive de l’UNEQ.

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