Mot de la présidente — La patience n’a plus de temps

Par Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ

Selon l’adage bien connu, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

L’UNEQ a fait preuve d’une grande patience depuis plusieurs années et a laissé beaucoup de longueur au temps afin d’obtenir, enfin, une révision des lois sur le statut de l’artiste.

Notre persistance a été en grande partie récompensée. Après maintes représentations de notre part et d’autres associations d’artistes auprès du gouvernement du Québec, des consultations ont eu lieu du 19 novembre 2020 au 1er février 2021.

Suzanne Aubry (Photo : Audrée Wilhelmy)

Par la suite, le 4 mai 2021 à l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy a publiquement appuyé les revendications de l’UNEQ en affirmant : « J’ai des préjugés plus que favorables. »

La ministre a réitéré son appui le 18 octobre dernier lors d’une assemblée publique, L’agora des artistes, qui s’est déroulée sous l’égide de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN), avec neuf syndicats d’artistes.

Et, pour la première fois depuis son élection, le premier ministre François Legault a confirmé, lors d’un point de presse qui a eu lieu le 10 décembre pour faire le bilan de son gouvernement, qu’il respectera sa promesse de réviser les lois sur le statut de l’artiste avant la fin de son mandat.

Nous voulions une nouvelle loi à l’automne, ce qui n’a pas été fait. Il nous faut impérativement une nouvelle loi déposée et adoptée avant la fin du mandat du gouvernement. Ce gouvernement a donné sa parole, par l’entremise de la ministre Nathalie Roy et du premier ministre François Legault. Nous leur avons accordé notre confiance, mais nous attendons des résultats concrets et probants.

Où en sommes-nous ?

La rédaction d’un projet de loi avance, au point que le ministère de la Culture et des Communications nous a convié récemment — à l’instar d’autres associations d’artistes — à des rencontres de travail en présence de la ministre qui auront lieu en janvier 2022.

Le but de ces rencontres ? Le ministère souhaite préciser certains aspects de la législation à venir afin d’en aplanir les aspérités et de déposer une nouvelle loi sur le statut de l’artiste la plus parfaite possible. Ce qui est tout à fait louable.

CEPENDANT, l’UNEQ continuera d’exercer sa vigilance et ses exigences afin d’éviter que le texte ne soit trop mou ou plein de failles dans lesquelles s’engouffreront sans hésiter celles et ceux qui voudront échapper à la loi. Faut-il rappeler ici que l’objectif de cette loi est d’abord et avant tout de protéger les artistes ? C’est pourquoi la nouvelle loi devra minimalement :

  • Intégrer la littérature à la Loi S-32.1 aux côtés de la musique, des arts de la scène et de l’audiovisuel.
  • Reconnaître une obligation de négocier des ententes collectives pour tous les éditeurs et diffuseurs, sans exception.
  • Prévoir un champ d’application large de la loi qui protégera toutes les écrivaines et tous les écrivains quel que soit leur genre littéraire, qu’il s’agisse de fiction, d’essais, de guides pratiques ou de livres scolaires, etc. Chacune et chacun d’entre vous doit avoir le droit à une protection à partir du moment où vous exercez le métier.

Il ne me reste qu’à vous faire mes vœux pour une nouvelle année inspirante, malgré le spectre de la pandémie qui continue à nous hanter. L’écriture et la lecture sont des refuges précieux, sous le signe de la réflexion et la bienveillance. Restons unis !

 

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