Mot de la présidente — Une inflation galopante et des tarifs inchangés

Par Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ

Il est beaucoup question d’inflation depuis quelque temps. L’indice des prix à la consommation (IPC) a grimpé de 3,4 % au Canada en 2021, la croissance la plus rapide depuis 1991 selon Statistique Canada. Et il était de 3,8 % au Québec !

Pourtant, les tarifs consentis aux écrivaines et aux écrivains pour leurs activités professionnelles n’ont pas augmenté depuis des lustres. Seuls ceux prévus pour les tournées dans les écoles — qui étaient restés inchangés depuis une vingtaine d’années — ont enfin été relevés par le ministère de l’Éducation (cliquez ici pour lire le communiqué). Il était temps !

L’UNEQ propose une grille complète de tarifs représentant des barèmes minimaux, majorés régulièrement selon l’IPC — cliquez ici. Le hic, c’est que ces tarifs ne sont que suggérés, puisque nous ne bénéficions d’aucune entente collective pour les rendre obligatoires. Le résultat est qu’ils sont rarement appliqués…

Suzanne Aubry (Photo : Audrée Wilhelmy)

Madame la Ministre, sortez-nous du contrat commercial !

Si vous êtes comme moi, vous ne pouvez plus supporter l’expression « de la lumière au bout du tunnel » utilisée à toutes les sauces depuis les débuts de la pandémie. Voilà pourquoi je suggère « de la lumière au bout de la nuit ».

Je la vois enfin, cette lumière, après une longue campagne qui a mobilisé l’UNEQ et les autres associations d’artistes depuis plusieurs années.

Le 20 janvier dernier, en compagnie de notre directeur général Laurent Dubois, j’ai assisté à une rencontre de travail virtuelle avec la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, son sous-ministre adjoint et des fonctionnaires du Ministère. La présidente et la directrice générale de l’Association québécoise des autrices et des auteurs dramatiques (AQAD) étaient également présentes.

Lors de cette rencontre, nous avons pu apporter des précisions importantes, notamment que les contrats d’édition ne sont pas des contrats commerciaux, mais impliquent une relation de travail et une prestation de services. Or, la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (S-32.01) nous emprisonne dans la définition étroite d’un contrat commercial et nous empêche de négocier des ententes collectives, donc de protéger adéquatement les autrices et les auteurs.

Laurent Dubois a eu un cri du cœur : « Madame la Ministre, sortez-nous du contrat commercial ! »

Madame Roy ne pouvait nous révéler le contenu de la nouvelle loi sur le statut de l’artiste, sous peine d’outrage au parlement, mais nous croyons que le message a été bien compris. Nous avons profité de cette rencontre pour revenir sur l’importance que le secteur de la littérature soit intégré à la première loi sur le statut de l’artiste (S-32.1) — qui régit à l’heure actuelle les arts de la scène, du disque et du cinéma —, ce qui nous permettrait d’entreprendre des négociations d’ententes collectives avec les éditeurs afin d’encadrer nos relations de travail, les clauses minimales ainsi que l’arbitrage et le filet social.

Quand ?

Reste la question vitale du dépôt et de l’adoption de la nouvelle loi avant la fin de la dernière session législative et avant les élections.

La semaine dernière, le ministre et leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, en présentant au quotidien Le Devoir le programme législatif de la CAQ pour ladite session, a indiqué que la ministre de la Culture et des Communications déposerait son projet de loi sur le statut de l’artiste dans quelques semaines. Voilà une précision importante, qui nous donne l’espoir que cette loi vitale pour les artistes voit enfin le jour et n’aboutisse pas dans le fond d’un tunnel…
 

  1. François Drolet

    Auteur de 5 recueils de poésie et de 2 romans, j’ai la chance de bénéficier de 20 % de la vente de mes livres. En fait, c’est un avantage qui n’est qu’apparent.

    Sauf dans un cas (avec une maison d’édition française), j’ai dû prendre en charge la promotion de mes livres, à mes frais bien entendu. Je crois qu’il faut par la loi, exiger des maisons d’édition québécoises qu’elles s’engagent concrètement à en faire plus pour aider les ventes de livres. De cette façon nous démêlerons les amateurs, des professionnels.

    Ne cherchez pas mon nom dans la liste des membres de l’UNEQ. Mon amie France Bonneau m’a fréquemment proposé de devenir membre. Honnêtement, je ne demeure pas à Montréal, je ne vois pas quel avantage je pourrais retirer à le devenir. Je ne remets pas en question votre existence, mais seulement le fait qu’en habitant au Saguenay, je me sens loin de la gang !

    Salutations cordiales,

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