Mot de la présidente — décembre 2019

Par Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » — Jean de La Fontaine

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé officiellement la révision des deux lois sur le statut professionnel des artistes : « Le gouvernement s’engage, au terme de cet exercice, à s’assurer que les créateurs, diffuseurs et producteurs culturels évoluent dans un cadre de travail équitable et adapté aux nouvelles réalités du milieu », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse qui a eu lieu le 9 décembre dernier à la Place des Arts.

L’annonce de la révision de ces lois est un moment que j’ose qualifier d’historique, car l’UNEQ a milité pendant 30 ans pour la réouverture de la Loi S-32.01 afin qu’elle nous permette enfin de négocier avec les diffuseurs des ententes-cadres fixant les conditions minimales de travail, mais aussi tout type de contrat proposé aux écrivaines et aux écrivains — voyez le communiqué de l’UNEQ du 9 décembre dernier.

© Julien Faugère

Je rappelais d’ailleurs dans Le Devoir que « Les syndicats professionnels regroupant les écrivains et les artistes en arts visuels sont pour ainsi dire privés du droit à la négociation collective » et que « Pour le moment, les auteurs sont seuls pour négocier. Des éditeurs ont d’excellents contrats, mais ce n’est pas le cas partout, et on n’a pas de prise là-dessus. » (Pour lire l’article du Devoir, cliquez ici.)

Dans mon mot de la présidente de novembre dernier, je dénonçais avec fermeté le règne de la gratuité dans le monde du livre pour ce qui est des prestations des écrivains (conférences, tables rondes, etc.). Il est donc impératif que cette révision des lois sur le statut professionnel des artistes mène concrètement à des mesures qui protégeront réellement les autrices et les auteurs, dont la situation socioéconomique se dégrade d’année en année.

Comment fonctionnera le processus de révision ?

Dans un premier temps, une ronde de consultations sera coprésidée par deux anciennes ministres de la Culture, Liza Frulla et Louise Beaudoin, dont l’apport au milieu culturel et la connaissance des enjeux seront sans nul doute un grand atout. Les coprésidentes rencontreront les regroupements concernés par la révision des deux lois, puis feront des recommandations. Leur rapport est attendu pour l’été 2020. Une commission parlementaire s’ensuivra. La ministre n’a donné aucun échéancier à cet égard, mais elle s’est engagée à mener le processus de révision à bon port. L’UNEQ sera des plus vigilantes afin de s’assurer qu’au terme de cette révision, les écrivain.es bénéficient du même statut que tous les autres artistes et que leur droit à une négociation en bonne et due forme soit enfin reconnu.

En cette période des Fêtes, mon vœu le plus cher est que l’année 2020 en soit une de reconnaissance de nos droits. Nous comptons sur chacune et chacun d’entre vous pour nous appuyer à chacune des étapes de ce processus de révision des lois sur le statut de l’artiste, car notre avenir en dépend.

Solidairement vôtre !

⇒ Pour en savoir plus la loi sur le statut de l’artiste qui concerne les écrivains, cliquez ici

 

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